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Aïkibudo

Origine historique
Drapeau de la FranceDrapeau du Japon
France · Japon — création française, racines japonaises
France · Japon — création française, racines japonaises — Alain Floquet, 1982-1983
Type de pratique
Mains nues et armes

Pratique à mains nues avec esquives, contrôles, projections et immobilisations, complétée par l’étude d’armes traditionnelles japonaises. Le travail avec armes lié au Katori Shintō-ryū conserve également sa propre structure d’enseignement.

Art martial français construit à partir de traditions japonaises. L’Aïkibudo associe esquives, contrôles articulaires, projections, immobilisations et travail avec armes, avec une recherche d’efficacité sans brutalité.

Deux pratiquants d’Aïkibudo travaillent un contrôle avec arme d’entraînement dans un dojo.

Découvrir la pratique

L’Aïkibudo est un art martial de défense développé par Alain Floquet à partir de plusieurs traditions japonaises qu’il a étudiées et transmises en France.

La pratique à mains nues repose notamment sur l’esquive, les déplacements, la canalisation de l’attaque, les dégagements de saisies, les contrôles articulaires, les déséquilibres, les projections, les immobilisations et, à un niveau plus avancé, certains sutemi.

Le pratiquant apprend d’abord à se déplacer et à chuter. Les tai sabaki permettent d’éviter et de canaliser une attaque, tandis que les ukemi apprennent à recevoir une projection ou à se dégager d’une contrainte. Les te hodoki travaillent ensuite la libération face aux saisies sans chercher à opposer directement la force physique.

Le travail se réalise avec un partenaire qui prend alternativement le rôle de l’attaquant et du défenseur. Les attaques peuvent prendre la forme de saisies ou de frappes et le défenseur cherche à contrôler la situation par le déplacement, la technique et le déséquilibre.

L’étude des armes occupe également une place importante dans le parcours de l’aïkibudoka. Elle est historiquement liée au Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū et comprend notamment le sabre, le bâton, la naginata et la lance. Ce travail complète la pratique à mains nues et développe particulièrement la distance, la précision, la posture et la rigueur.

L’Aïkibudo n’est généralement pas organisé autour d’une logique de compétition ou d’un affrontement avec vainqueur et vaincu. Le travail vise plutôt la maîtrise technique, l’adaptation à l’attaque et la progression avec le partenaire.

Histoire

L’histoire de l’Aïkibudo est étroitement liée à Minoru Mochizuki, judoka et budoka japonais ayant étudié plusieurs disciplines, notamment auprès de Jigoro Kano et de Morihei Ueshiba. Il développa au Yoseikan une approche réunissant différents éléments de son parcours martial.

En 1951, Minoru Mochizuki vint en Europe et y présenta son approche sous le nom d’Aïkido-Jujutsu. Quelques années plus tard, son élève français Jim Alcheik poursuivit cette transmission en France. Alain Floquet devint l’un de ses assistants.

Après la mort de Jim Alcheik en 1962, Alain Floquet poursuivit ce travail et fut nommé en 1966 directeur technique de l’école d’Aïkido-Yoseikan pour la France.

En 1974, Alain Floquet fonda le CERA — Cercle d’Étude et de Recherche en Aïkibudo afin de préserver et développer cette pratique. Il continua parallèlement à approfondir son étude auprès de maîtres japonais, notamment Minoru Mochizuki, Tokimune Takeda pour le Daitō-ryū Aiki-jūjutsu et Yoshio Sugino pour le Katori Shintō-ryū.

À partir de 1982, Alain Floquet donna à son art le nom Aïkibudo. Le CERA situe l’adoption publique et définitive de cette appellation au 19 mai 1983.

L’Aïkibudo est aujourd’hui développé en France dans le cadre de la FFAAA et au niveau international par la Fédération Internationale d’Aïkibudo — FIAB, qui utilise un programme technique commun pour les grades dans les pays où la discipline est représentée.

Philosophie & principes

L’Aïkibudo cherche à répondre à une attaque sans opposer systématiquement force contre force.

La pratique développe l’esquive, le déplacement, la disponibilité corporelle, le déséquilibre et l’utilisation des contraintes articulaires ou des projections afin de reprendre le contrôle de la situation.

L’attaque doit néanmoins rester crédible : le partenaire doit offrir une situation suffisamment sincère pour permettre un véritable apprentissage. En retour, la technique doit être efficace sans devenir brutale.

La protection de l’intégrité du partenaire constitue un principe fondamental de l’entraînement.

Le travail à mains nues et le travail avec armes développent des qualités complémentaires : mobilité et adaptation d’un côté, précision, posture, distance et rigueur de l’autre.

À qui cette pratique peut correspondre ?

L’Aïkibudo peut convenir aux personnes qui recherchent une pratique martiale technique, variée et non centrée sur la compétition.

Il peut particulièrement intéresser ceux qui souhaitent travailler les esquives, les clés articulaires, les projections, les immobilisations et la gestion de différentes formes d’attaque, tout en découvrant également un travail traditionnel avec armes.

Sa richesse technique peut convenir à des pratiquants attirés par une progression de long terme et par une pratique où la précision, le déplacement et le contrôle prennent davantage d’importance que la recherche de puissance physique.

Niveau de contact

Contact modéré